Petite histoire (de l'art) par Daniel Drouin, conservateur de l’art ancien avant 1850, MNBAQ
27 janvier 2014

Toute une salle pour Lemieux

 

Daniel Drouin, commissaire de l'exposition "Jean Paul Lemieux. De silence et d'espace" et conservateur de l’art ancien avant 1850 au MNBAQ, raconte le rapport affectueux entre le Musée, le public et l’œuvre du peintre.

 

Jean Paul Lemieux et le Musée national des beaux-arts du Québec, c’est une belle et longue association qui traverse le temps. Alors que la vénérable institution des Plaines ouvre ses portes en 1933, l’artiste peint Soleil d’après-midi, un tableau qui va entrer dans les collections du Musée l’année suivante. Cette première acquisition sera suivie de nombreuses autres.

Aujourd’hui, le Musée national des beaux-arts du Québec conserve la plus importante collection d’œuvres de Jean Paul Lemieux au Canada. Avec près de 100 œuvres, dont 44 peintures, cette collection a été judicieusement montée grâce à des achats ciblés effectués pour la plupart du vivant de l’artiste, mais également grâce à de généreuses donations consenties par des amoureux de l’art de Lemieux. Ce rapport affectueux existe également entre le public du Musée et l’œuvre du peintre des saisons et des grands espaces, et ce, depuis longtemps.

Pour cette nouvelle salle monographique, le Musée a rassemblé 23 œuvres de sa collection couvrant la carrière de l’artiste, soit des années 1930 aux années 1980. L’exposition Jean Paul Lemieux. De silence et d’espace va permettre aux visiteurs de saisir l’univers d’un Lemieux au style personnel, qui a toujours suivi sa propre voie.

D’une peinture narrative teintée de régionalisme à ses débuts, l’artiste passe graduellement à un travail existentiel et universel. Le début des années 1940 est marqué par un primitivisme quasi caricatural, influencé par les peintres naïfs de la région de Charlevoix. Puis s’amorce, avec les années 1950, la période de la maturité, au cours de laquelle s’opère une schématisation formelle. Les personnages des tableaux de Lemieux semblent dès lors, et particulièrement durant sa période dite « classique », se mouvoir dans un monde « de silence et d’espace ». En recourant à des procédés picturaux traditionnels et en puisant avec nostalgie dans son environnement immédiat, l’artiste tire de l’obsédante réalité une œuvre d’où se dégage plutôt l’apaisante douceur du rêve. Cet onirisme atteint, à la fin de sa vie, une dimension cosmique qui n’est pas dénuée d’angoisse, et son approche picturale en est alors modifiée. 

S’ajoutent aux 23 œuvres initialement choisies pour l'exposition des compositions de Jori Smith et de Madeleine Des Rosiers, ainsi que 4 chefs-d'œuvre de Lemieux provenant de collections particulières, et dont les prêts n’ont été consentis que pour les 4 premiers mois de présentation de l’exposition. L’équipe du design du Musée a signé une mise en espace soignée qui met particulièrement en valeur le style caractéristique des tableaux de Lemieux.

 

1 Commentaire

jamais trop de peintres québécois, surtout pas de Lemieux Bravo

Maryse Lafleur

Laissez votre commentaire