Acquisitions récentes : Lucyl Martel, «Atelier»

Petite histoire (de l'art) par Anne-Marie Bouchard, conservatrice de l'art moderne, MNBAQ
23 mars 2020

Lucyl Martel

Montréal 1922 - Montréal, 2015

 

Étudiante d’Alfred Pellan à l’École des beaux-arts de Montréal en compagnie de sa sœur Marguerite, Lucyl Martel voit son travail et son talent récompensés à plusieurs reprises. On décèle l’influence du fauvisme dans sa palette aux couleurs franches et vibrantes.

 

C’est possiblement en raison d’un contexte social traditionaliste, refusant aux femmes la liberté de s’exprimer et de construire leur existence en dehors du couple et de la famille, que Martel utilise habituellement les signatures ambiguës L. Martel ou Luc. Martel.   

 

Pendant ses études, elle crée Atelier. L’œuvre fait scandale, avec d’autres toiles jugées inconvenantes, lors de sa présentation publique le 12 juin 1945 à l’École des beaux-arts de Montréal. Pour contrer l’académisme de la direction, Pellan fait appliquer du savon et de la gouache sur les tableaux coupables, opération facilement réversible. Le directeur Charles Maillard exige néanmoins qu’ils soient décrochés. Son intransigeance provoque une manifestation étudiante qui conduira à sa démission. Les « corrections » de Lucyl Martel sur son tableau ne seront supprimées qu’en 2003.

À partir des années 1960, l’artiste gagne sa vie comme conceptrice de décors et d’accessoires à Radio-Québec. C’est sa nièce, Johanne Martel, qui a permis la redécouverte de son travail lors d’une exposition rétrospective en 2017.  

Un aperçu de sa vie et de sa production est disponible sous la forme d’une petite vidéo sur la Fabrique culturelle.

Lucyl Martel
Atelier, 1945 
Huile sur carton 
Collection du Musée national des beaux-arts du Québec, don de Johanne Martel

L'oeuvre est actuellement exposée dans la salle "Ressentir" de l'exposition «350 ans de pratiques artistiques au Québec».

 

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