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Mitchell/Riopelle Un couple dans la démesure

12 octobre 2017 au 7 janvier 2018

Photo: Heidi Meister, photographe, Joan Mitchell et Jean-Paul Riopelle dans le séjour de l’atelier-appartement de la rue Frémicourt, Paris, 1963. © Heidi Meister. Œuvres représentées : au centre, Jean-Paul Riopelle, Pleine Saison, 1954, huile sur toile, 129 × 160 cm. Collection particulière; à gauche, en haut, Jean-Paul Riopelle, Roche d’or, 1961, bronze, 32 × 26 × 24 cm. Collection particulière; en bas, sculpture non identifiée © Succession Jean Paul Riopelle / SODRAC (2017)

Deux géants de la modernité célébrés

Le Musée national des beaux-arts du Québec  est fier de présenter, pour la toute première fois dans l’histoire de l’art, un croisement inédit de l’œuvre de deux géants de l’art moderne, la peintre américaine Joan Mitchell (1925-1992) et l’artiste canadien Jean-Paul Riopelle (1923-2002). Quelque 60 œuvres majeures ont été rassemblées pour retracer leur carrière artistique respective, à l’aune de leur relation, soit à compter de leur rencontre en 1955, jusqu’à leur séparation en 1979. Conçue par le MNBAQ et organisée en partenariat avec le Musée des beaux-arts de l’Ontario (AGO), avec l’appui de la Fondation Joan Mitchell (New York) et de la Succession Jean Paul Riopelle (Montréal), l’exposition présente principalement des tableaux de grand format, quelques œuvres sur papier et des documents d’archives, en provenance de plus d’une trentaine de prêteurs, de collections privées et muséales, françaises, canadiennes et américaines.

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Joan Mitchell, Piano mécanique, 1958. Huile sur toile, 198,1 × 325,1 cm
National Gallery of Art, Washington, DC. Don d’Addie et Sidney Yates (1996.142.1)  © Estate of Joan Mitchell. Photo : National Gallery of Art, Washington, DC

l'exposition

Explorez comment ces deux artistes, qui ont partagé leurs vies pendant près de 25 ans, à Paris, puis à Vétheuil (dans la vallée de la Seine), ont développé une pratique d’atelier et un corpus bien distinctifs tout en engageant un dialogue nourri autour de l’abstraction. Leurs goûts pour l’héritage impressionniste, la nature et une forme de provocation les ont certainement rapprochés. Leur conception de la peinture et leurs méthodes de travail, profondément singulières, ont pourtant été complètement façonnées par leur relation sentimentale.

Plongez  au cœur de cette histoire de passion créatrice en suivant un parcours unique dans les 4 salles temporaires du pavillon Pierre Lassonde, articulé autour de 7 thèmes: 

  • Prologue : avant la rencontre
  • La rencontre et ses effets : 1955-1958
  • Les années rue Frémicourt : résonnances et dissonances 1959-1967
  • Les ateliers de Vétheuil et de Saint-Cyr-en-Arthies
  • Les territoires distincts, 1968-1974
  • Canada et nordicité : expression de deux solitudes, 1975-1977
  • Vers la rupture : 1978-1979
  • Épilogue : décès de Joan Mitchell, 1992 

ŒUVRES incontournables

 

Parmi les tableaux incontournables de l’exposition, Saint-Anthon (1954), de Jean-Paul Riopelle, s’inscrit parmi les œuvres remarquables d’une suite de tableaux « blancs », inspirés des cimes enneigées des Alpes autrichiennes. En provenance d’une collection privée new-yorkaise, ce paysage abstrait, vaste plan blanchâtre magnifié par la présence de fines calligraphies colorées, a fort probablement retenu l’attention de Joan Mitchell qui, parallèlement, s’attardait elle aussi au caractère dualiste du champ blanc, perçu à la fois comme fond et comme plan.

Jean-Paul Riopelle, Saint-Anthon, 1954. Huile sur toile, 248 × 388 cm. Collection particulière, New York © Succession Jean Paul Riopelle / SODRAC (2017) Photo : Acquavella Modern Art, New York

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Il faut également souligner Sans titre (La Fontaine) (1957), œuvre révélatrice de la complexité existant alors entre les deux peintres. En effet, Mitchell aurait inscrit discrètement dans la marge supérieure gauche du tableau « Le Laboureur et ses enfants, La Fontaine!! » en référence à la fable bien connue, mais également à une œuvre de Riopelle intitulé Labours sous la neige, réalisée un peu avant. On peut donc voir dans ce tableau, longtemps conservé par la peintre, un tendre clin d’œil à Riopelle.

Un jardin pour Audrey (1974), autre chef-d’œuvre de Mitchell, nous arrive d’une collection particulière parisienne et constitue l’un des tableaux de l’artiste parmi les plus achevés, dans lequel elle atteint la quintessence de son art de peindre selon les spécialistes.

Enfin chez Riopelle, Mitchikanabikong (1975), prêtée par l’une des collections les plus renommées sur la scène internationale, le Centre Georges-Pompidou, Musée national d’art moderne, est un tableau annonciateur de la série des Icebergs, ce tryptique s’inscrivant dans un processus identitaire, où Riopelle signe chaque composante de tracés linéaires rappelant certains profils énigmatiques de son animal fétiche, le hibou, que l’on retrouve tant dans sa sculpture que dans son œuvre sur papier. Une autre œuvre majeure de l’artiste à ne pas manquer!

Joan Mitchell, repères biographiques

1925
Joan Mitchell naît le 12 février à Chicago (Illinois). Seconde fille de Marion Strobel, auteur de poésies et de récits, critique (codirectrice de la revue Poetry) et de James Herbert Mitchell, médecin, elle vit dès son enfance dans un milieu particulièrement stimulant. Son père l'emmène régulièrement visiter les musées. Cézanne, Van Gogh, Matisse et Kandinsky retiennent son attention.

1942-1944
Joan Mitchell est admise au Smith College à Northampton (Massachusetts) où elle entreprend un cursus de littérature anglaise complété par des cours d'art et d'histoire de l'art. Elle peint à l'aquarelle en plein air.

1944-1947
Elle s'inscrit à l’Art Institute de Chicago, en vue de l'obtention du B.F.A. (équivalent d'une licence en arts appliqués). Elle obtient une bourse pour un voyage d'études à l'étranger, mais les tensions qui agitent encore l'Europe l'amènent à le différer (elle le réalise finalement en 1948) et, en décembre 1947, elle choisit d'aller à New York.

1948-1949
Au printemps 1948, grâce à la bourse, Joan Mitchell se rend en France, d'abord à Paris puis au Lavandou, en Provence. C'est là qu'elle épouse Barney Rosset.

1950
Joan Mitchell retourne à New York où elle s'installe. Elle y rencontre Franz Kline et Willem De Kooning qui l'initient aux variantes de l'expressionnisme abstrait et prend part à l'effervescence de la vie artistique new-yorkaise. Elle devient membre de l'Artist's Club où peu de femmes sont admises.

1951
Joan Mitchell participe à l'exposition Ninth Street Show, organisée par l'Artist's Club et Leo Castelli, qui regroupe 61 artistes de l'avant-garde dont Rauschenberg, De Kooning et Motherwell. Durant l'été, elle s'inscrit à l'Université de Colombia en histoire de l'art et en cours de littérature française à l'Université de New York.

1952
Joan Mitchell tient sa première exposition personnelle à New York, à la New Gallery. Elle divorce de Rosset, avec lequel elle reste liée par des rapports d'amitié.

1955
Joan Mitchell passe une partie de l'été à Paris où elle rencontre plusieurs artistes, parmi lesquels Sam Francis et Jean-Paul Riopelle, qui sera son compagnon jusqu'en 1979. Jusqu'en 1959, Joan passera l'été à Paris et l'hiver à New York. En 1955, elle participe, avec les membres du Club, à deux expositions collectives importantes qui réunissent la première génération des expressionnistes abstraits.

1957
Participe à l'exposition Artists of the New York School: Second Generation organisée par Meyer Schapiro au Jewish Museum de New York.

1959
Joan Mitchell s'installe définitivement à Paris où elle loue un atelier, rue Frémicourt.

1961
Reçoit le Prix Lissone à Milan.

1962-1967
Années marquées par une série de deuils qui l'affectent profondément. Son activité ne s'arrête pas pour autant.

1967
Première exposition personnelle à la Galerie Jean Fournier de Paris avec qui elle collaborera jusqu’à la fin de sa vie. À la mort de sa mère, et avec l'argent de son héritage, Joan Mitchell achète une maison à Vétheuil, petit village le long de la Seine, à l'ouest de Paris, où l'attire le souvenir de Monet qui y habita avant de s'installer à Giverny.

1974
Grande exposition personnelle de Joan Mitchell au Whitney Museum of American Art de New York qui documente les dix dernières années de son parcours.

1977
Participe à la grande exposition Paris - New York au Centre Georges-Pompidou, Musée national d’art moderne.

1982
Le Musée d'art moderne de la Ville de Paris accueille sa première exposition personnelle: Joan Mitchell: choix de peintures 1970-1982.

1984
Les œuvres peintes en mémoire de sa sœur décédée deux ans plus tôt sont exposées par Jean Fournier. Joan Mitchell est atteinte d'un cancer de la mâchoire et subit de nombreuses opérations et traitements.

1989
Reçoit le Grand prix national de peinture.

1991
Reçoit le Grand prix des arts (peinture) de la Ville de Paris.

1992
Joan Mitchell meurt à Paris, le 30 octobre.

Jean-Paul Riopelle, chronologie

1923
Jean-Paul Riopelle naît le 7 octobre à Montréal, rue De Lorimier.

1943-1946
Riopelle étudie à l’École du meuble, où il suit l’enseignement de
Paul-Émile Borduas. Il participe à la première exposition du groupe des automatistes à Montréal, en 1946.

1947
Riopelle rencontre André Breton à Paris. Il signe le manifeste surréaliste Rupture inaugurale.

1948-1949
Parution à Montréal, en août 1948, du manifeste Refus global, rédigé par Borduas; Riopelle figure parmi les 16 signataires. À la fin de la même année, il s’installe en France. Il tient sa première exposition individuelle à Paris, en 1949.

1954
Riopelle expose pour la première fois à la Galerie Pierre Matisse, à New York. Il participe également à la Biennale de Venise avec Paul-Émile Borduas et Bertrand Charles Binning.

1955
En allant rejoindre les peintres américains Sam Francis et Norman Bluhm dans un café de Saint-Germain-des-Prés à Paris, Jean-Paul Riopelle rencontre Joan Mitchell qui sera sa compagne jusqu'en 1979.

1962
Riopelle représente le Canada à la Biennale de Venise. Il obtient un prix de l’UNESCO. À la suite de cet événement, la Galerie nationale du Canada réalise l’exposition Jean-Paul Riopelle. Peinture et sculpture qui circulera dans différentes villes canadiennes et à Washington.

1967
Le Musée du Québec (aujourd’hui le Musée national des beaux-arts du Québec) organise une rétrospective de son œuvre: Peintures et sculptures de Riopelle. À cette occasion, l’artiste offre au Musée du Québec le grand assemblage Sans titre.

1974
Riopelle se fait construire un atelier dans les Laurentides. Dès lors, il partage son temps entre la France et le Québec.

1980-1982
Le ministère des Affaires extérieures du Canada présente la grande exposition rétrospective Jean-Paul Riopelle: Peinture 1946-1977, en collaboration avec le Musée du Québec et le Musée national d’art moderne (Centre Georges-Pompidou, Paris). L’exposition voyagera en France, au Québec, au Mexique et au Venezuela.

1981
Le gouvernement du Québec remet le prestigieux prix Paul-Émile-Borduas à Riopelle.

1991
Le Musée des beaux-arts de Montréal organise l’exposition Riopelle à l’occasion de l’ouverture du pavillon Jean-Noël-Desmarais.

1992-1996
Riopelle réalise, à son atelier de l’Île-aux-Oies, L’Hommage à Rosa Luxemburg qui sera présenté en 1993, chez Michel Tétreault Art International, à Montréal. Durant l’été 1995, l’imposant triptyque est exposé en France, au château de La Roche-Guyon, non loin de Paris, avec le concours du Musée du Québec. Celui-ci le présente à son tour en 1996, et l’événement attire pas moins de 33 000 visiteurs en l’espace de cinq semaines.

2000
En mai, le Musée du Québec consacre, en permanence, une salle à
Jean-Paul Riopelle et à son œuvre.

2002
Jean-Paul Riopelle meurt à l’Isle-aux-Grues, le 12 mars.

Jean-Paul Riopelle, La Ville, 1949. Huile sur toile, 100 × 81 cm. Collection particulière © Succession Jean Paul Riopelle / SODRAC (2017) Photo : Christine Guest
 

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L’HOMMAGE À ROSA LUXEMBURG, COMME UNE APOTHÉOSE

Pour compléter le périple de l’exposition, il faut voir ou revoir L’Hommage à Rosa Luxemburg située dans le passage Riopelle par CGI reliant le pavillon Pierre Lassonde au reste du complexe muséal. Le chef-d’œuvre du MNBAQ, monumental triptyque réalisé par Riopelle d’un seul élan à l’annonce de la mort de Joan Mitchell – longue fresque se déployant en 30 tableaux dont les signes et les codes relatent, en filigrane, sa rencontre avec son ancienne compagne – prend ici toute sa majesté, tout son sens.

DEUX EXPÉRIENCES INTERACTIVES AU SERVICE DE L’ŒUVRE DE MITCHELL ET RIOPELLE

L’espace de médiation Hydro-Québec vous permet de vivre deux expériences au cœur de l’exposition grâce au numérique: Peindre le geste et Mitchell | Riopelle. Dans l’intimité.

La fascination exercée notamment par les œuvres de Mitchell et Riopelle s’exprime à travers une expérience virtuelle stimulante dans les salles d’exposition. Peindre le geste, un dispositif 3D interactif réalisé par SAGA, permet de reproduire le geste créatif des deux artistes avec un pinceau, un couteau ou encore une spatule. Vous avez accès à une palette de 10 couleurs utilisées par les deux artistes. L’œuvre créée, projetée sur un mur, peut aussi être partagée sur Facebook ou encore récupérée par courriel.

Consultez également les tablettes numériques disposées dans l’espace de médiation, où 36 photos d’archives du couple, accompagnées de légendes explicatives et divisées en quatre grandes périodes, offrent un voyage fascinant dans l’intimité des deux artistes au sommet de leur art.

Exposition conçue par le Musée national des beaux-arts du Québec et organisée en partenariat avec le Musée des beaux-arts de l’Ontario, avec l’appui de la Joan Mitchell Foundation et de la Succession Jean Paul Riopelle.